18 novembre 2011

Tour des Annapurna (version complète)

Et voici le récit du trek complet.
L'album se charge au gré des wifi's qu'on croise. Pour voir l'album cliquer ici


Jour 1 : Kathmandou – Besishahar (820 m) -Bhulbhule (840m). Temps de marche : 2h

Ce matin, notre cruel réveil nous a arraché aux doux bras de Morphée à 5h30! Mais c'était pour la bonne cause. En effet, aujourd'hui nous nous attaquons au fameux tour des Annapurna. Pour ce faire, il nous faut prendre un taxi à 6h00 pour nous rendre à la gare des bus puis, de là, direction Besishahar ville de départ du trek. Ça c'est le plan initial ! Sauf qu'après 10 minutes de taxi on se rend compte que l'on a oublié le plus important à savoir les permis de trek, nos passeports  etc... Donc retour à l’hôtel pour quérir nos précieux sésames. Fort heureusement nous avions prévus une marge de sécurité qui a permis que cette anecdote ne nous fasse pas perdre 1 jour. On ne le dira jamais assez "prudence est mère de sûreté".

Et ce fut partit pour 7h de chaos klaxons, nids de poules, passager se raclant consciencieusement la gorge pour en extraire de forts peu ragoutants glaviots, sans oublier cette passagère qui vomissait bruyamment ses tripes dans des râles d'agonie... Le Népal quoi!

Après ce tumultueux périple nous sommes arrivé à Besishahar vers 14h. Deux samosas plus tard et nous voila sur la route du tour des Annapurna pour atteindre le village de Bhulbhule. En prévision 3h de marche. Première difficultés: notre chargement. Pierre-Yves avait finalement opte pour le grand sac, certes plus lourd mais plus portable. De mon côté, un peu têtue je reste avec mon petit sac et le sac de couchage accroché dessus. Et bien, après 30 min de marche, mon sac de couchage a filé dans le sac de Pierre-Yves...

Après une heure, on passe par Khudi (790 m) . En chemin on croise plusieurs groupes d’écoliers. 


On arrive enfin a Bhulbhule à 16h (donc en 2h beau record). On y trouve un charmant lodge (arjun guesthouse) et après un bon plat de fried noodles, on finit par s'écrouler assez vite.

Jour 2 : Bhulbhule (840m) - Jagat (1310 m). Temps de marche 6h

Départ 7h30 pour entamer notre première vraie journée. Ayant pris un peu d'avance la veille on commence cette journée très optimiste:) malheureusement le temps n'est pas avec nous et le paysage est très brumeux. Lorsqu'on arrive à Bahundanda (1310m), on retrouve Sarah (belge) et Or (israélien) rencontrés lors du trajet en bus, on continuera la route avec eux. Durant toute la journée on passe par des paysages extraordinaires, des géants sortis de terre nous comblent à chaque virage. Comme il avait plu la nuit on assiste à de nombreuses cascades impressionnantes pendant que la rivière couleur émeraude gronde dans un torrent indomptable.

 

Nous évoluons dans une atmosphère très humide, on est trempés. C'est très rude pour le cœur et les jambes. On monte sévère mais enfin on aperçoit Jagat après 6h de marche.
Vivement demain pour voir ce que l'Annapurna nous réserve ...


Bon anniversaire soeurette:)

Jour 3 : Jagat (1310 m) – Dharapani (1900 m). Temps de marche : 5h30


Le réveil sonna de nouveau à l'heure indécente de 5H30 après une nuit qui fut pour ma part excellente ce qui ne fut pas le cas de Perrine. A peine le temps de remballer nos affaires et d'enfourner un rapide mais copieux petit dej, nous voilà en route à 7H30 pour le village de Chamche (1385m) distant d'une heure de marche. Le chemin suivait d'abord platement la rivière avant de se lancer dans d'improbables lacets qui nous firent gravir 100 mètres de dénivelé en 20 minutes (du costaud quoi !). Là, nous avons retrouvé Sarah, Thaku et Or avec qui nous avons décidé de poursuivre la route vers Tal, notre étape du midi, situé à 1700m d'altitude. Les montées furent rudes et nombreuses. Sur la rive d'en face, nous avons pu admirer le travail des ouvriers qui taillaient la roche à coup de marteaux piqueurs et d'explosifs pour construire une route. 
Après une dernière montée, et non des moindre, nous sommes arrivés à Tal où l’élargissement soudain de la vallée nous offrit un spectacle dès plus somptueux.



Après une pause d'une heure à midi nous avons continué de suivre les flots impétueux de ce torrent émeraude. Après quelques centaines de mètres, j'ai eu l'occasion d'assouvir un très vieux fantasme à savoir courir dans un vrai champs de cannabis sauvage!!! Et oui, ici ça pousse partout comme de la mauvaise herbe! 




L'euphorie du moment passée, nous avons continué d’enchaîner montées, descentes et ponts jusqu’à Dharapani (2000m) pour y passer la nuit. Là nous avons longuement devisé en attendant (longtemps) nos Dal Bat et Momo. Après ce tardif mais délicieux repas nous nous sommes préparés à passer la nuit dans une chambre où la température n’excède pas les 12 degrés ( Brrrrr!)


Jour 4: Dharapani (1900m) – Chame (2710m) . Temps de marche : 5h30


Les premiers bobos se font ressentir et on commence la journée par une crevaison de mon camelback dans mon sac. Bref, mal aux pieds + mal au ventre + vêtements trempés = mauvais début de journée. Bien que, du coup, la moitié de mes affaires volent dans le sac de Pierre-Yves (hihihi). Néanmoins, on voit enfin un beau et grand ciel bleu avec un rayon de soleil qui éclaire la montagne et ça, ça nous donne le sourire.


Quelques temps après, au détour d'un virage, Il est enfin apparu. Lui pour qui on affronte tout ça depuis 3 jours, lui pour qui nous allons repousser sans cesse nos limites... L' Annapurna a enfin montre le bout de son nez ... Et quel pic, quel roc, quelle péninsule... La motivation revient directement.


On continue tranquille avec des montées et des descentes jusqu'au énième pont qui nous met face a une montée redoutable qui au bout d'une heure de grimpette s'apparentait plus à de l'escalade. J'y ai laissé mon 2ème pieds et une bonne partie de mon énergie mais je suis contente que ce soit derrière moi. Pierre-Yves pendant ce temps gambadait tranquille et détendu et attendant que madame reprenne sa respiration.

Heureusement, le reste de la journée se passe sans trop de mauvaises surprises, on croise nos premiers moulins à prières, Or nous joue un petit air des Red Hot sur une guitare empruntée à un policier népali. 




On traverse comme tous les jours plusieurs petits villages où on peut entrapercevoir leur vie. Une maman lave les cheveux de sa fille, une dame faisant la vaisselle, les enfants jouant pendant que les hommes tapent les cartes!

On arrive vers 15h à Chame. Thaku nous dégote une guesthouse donnant directement sur l'Annapurna pour voir le levé du soleil demain. Après une petite ballade en ville, un copieux dal bat et une petite partie de carte avec nos 2 compères , nous nous éteignons...

Jour 5 : Chame (2710m) - Upper Pisang (3310m). Temps de marche : 5h
Il faut croire que l'on se ramollit avec le temps car nous ne sommes sortis de nos sacs de couchages que vers 6h30! La nuit fut difficile pour Perrine qui n'a dormi que de manière entrecoupée et superficielle,
La faute à l'altitude ou aux 7 petits degrés de notre chambre? En tout cas pour ma part le sac à viande a fait des miracles et j'ai dormi comme un bébé! Quoi qu'il en soit notre petite troupe s'est mise en route à7h53 pour une journée qui nous mènera de Chame (2710m) à Upper Pisang (3310m). Les paysages sont maintenant clairement alpins. Nous évoluons dans des pinèdes, escortés par des géants de 6000 et 7000M !


Le fort dénivelé, l'altitude et la mauvaise nuit n'ont pas épargné Perrine qui s'est battue comme un vrai petit soldat! Dieu seul sait combien je suis fier d'elle!
Arrivés à l'intersection entre Lower et Upper Pisang, elle n'a pas hésité une seconde! Nous nous sommes donc dirigé vers Upper Pisang, un petit village de style tibétain comme on peut le voir dans le film Himalaya.
Il nous a fallu juste 5h pour rallier notre destination. Ce qui nous a laissé le temps de profiter du soleil de l'après-midi pour admirer l'Annapurna II et de faire une petite sieste blotti l'un contre l'autre. Après nous avons rejoint les autres pour partager un medium pot of black tea en attendant notre dal bat, fried maccaroni, spring roll et autres joyeusetés culinaires tant attendues par nos estomacs affamés par l'effort du jour. C'est là que nous avons rencontré une allemande et un suisse super sympa avec qui nous avons joué aux cartes ,enfin, essayé de jouer car, le saviez-vous, les cartes aussi sont différentes en suisse! comme le disait le propriétaire des cartes, elles ne sont pas prêtes de rentrer dans l'UE! Après ce délicieux repas nous sommes allés nous reposer du sommeil du juste en espérant que cette nuit ne sera pas trop froide. Autant vous dire tout de suite c'est mal parti car à l'heure où j'écris ces lignes il ne fait déjà plus que 12 degrés dans la chambre et il est 19h41!! Ça promet!







Jour 6 : Upper Pisang (3310m) – Manang (3540m). Temps de marche : 6h
Nous démarrons cette 5 ème journée par un grand dilemme : quel chemin emprunter? La route du haut qui parait-il est la plus belle mais très difficile et plus longue, ou la route du bas beaucoup plus facile. Thaku, le guide de Sarah essaye de nous décourager de prendre la " hard way" car il pense sûrement qu'on en est pas capable. Il prétend que ça dure entre 7 et 8 h de marche et que c'est " very hard". Après plusieurs tergiversations, nous nous lançons par la route du haut ... On verra bien ce que ça nous réserve. Durant la première heure, on se ballade gentiment à travers une pinède surplombée par des montagnes lunaires, un joli lac se présente à nous et nous voyons le tracé du chemin du bas en se disant que ceux qui sont là sont des petits joueurs... Puis on tourne la tête de l'autre côté et là on comprend le mal qui nous attend. Un chemin caillouteux en lacets à perte de vue... Un dénivelé de 350m . Comme d'habitude, Pierre-Yves me tend la bouteille d'eau, un bisou et me dit gentiment " je t'aime, courage, je t'attends en haut" et puis il fonce comme un barbare tout en attendant de temps à autre pour m'encourager. Pour rappel, on est a 3400m d'altitude et je vous promets qu'on le sent vraiment dans l'effort. Quoi qu'il en soit, j'avance péniblement, lentement dans cette montée interminable mais comme toujours j'arrive au bout et je retrouve mon amoureux frais comme un gardon, fière de sa petite femme :)

Ah que ça fait du bien de se dire que le plus dure ( de la journée ) est derrière soi... On continue en longeant la crête en passant par des paysages sortis de nul part. Tantôt on se sent dans les montagnes suisses, tantôt dans le fin fond du Tibet puis en Patagonie. Extraordinaire! On croise nos premiers yaks, pleins de stoupas, on tourne de nombreux moulins à prière, on voit l'Annapurna IV et III, on marche, on marche sans cesse... sous un soleil de plomb.

On arrive épuisé a Manang vers 16h, soit après 6h de marche (et 1h de pause a midi)... On a cloué le bec à Thaku. Il comprend tout doucement la force mentale belge ;)
Sachant que demain c'est un jour de repos ( d'acclimatation) on profite pleinement de notre soirée. Après une bonne bière et un repas copieux, Pierre-Yves va se coucher pas en pleine forme. Moi je reste avec Sarah, Or et 4 autres français (Fabien, Jérome, Sacha et Xavier) à jouer au Rikiki jusqu'à 21h...

Jour 7 : Manang (3540m)
Aujourd'hui journée d'acclimatation-repos à Manang donc réveil tardif...à savoir 8h. Direction la boulangerie du coin qui nous avait fait saliver la veille, et là bonne surprise les pâtisseries sont aussi belles que bonnes! Après cette orgie sucrée partagée en plein soleil avec nos compagnons de route, Sarah et Or, nous décidons de nous atteler à la tâche du jour, à savoir la lessive!
Après avoir accompli cette corvée ô combien utile ( mes chaussettes commençaient à menacer la faune et la flore locale pourtant réputées résistantes!) nous nous sommes payés un petit bain de soleil bien mérité après ces dures journées de marche.
Ce sont nos estomacs qui nous rappelèrent à l'ordre nous sortant de notre torpeur pour monter à l’assaut d'un répétitif mais délicieux Dal-Bat.
Après ce copieux repas nous sommes allés suivre un cours sur le MAM (mal aigu des montagnes) et puis nous nous sommes dirigé vers le cinéma local où pour la modique sommes de 2 € nous avons regardé « 7 ans au Tibet » tout en dégustant une tasse de thé accompagnée de pop-corn! Pour rappel, nous sommes à 3540m d'altitude dans un village inaccessible par la route!! Que le Kinepolis en prenne de la graine!
Après ce film magnifique nous nous sommes dirigés vers la gesthouse pour manger et jouer au " king of ass hole". Après nous sommes allés nous coucher car demain la journée promet d'être des plus rudes. En effet
demain nous dépasserons les 4000 m !!! 



Jour 8 : Manang (3540m) – Letdar (4200m). Temps de marche : 4h
Après notre journée de repos, nous partons très motivé à 7h du matin. A la sortie de Manang, une petite montée pour nous mettre en jambe et on sent directement l'effet de l'altitude. Le souffle court, on avance lentement... Passe la montée on retrouve un petit sentier relativement plat montant légèrement longeant toujours la rivière. Plus aucun arbre nous entoure, on se retrouve dans un désert de petits buissons verts et rouges. La disparition de la marijuana n'atteint pas trop le moral de Pierre-Yves:) On passe au-dessus de quelques ruisseaux gelés. Passé les 4000 m, nous nous reposons au soleil avec un petit " black tea" et c'est reparti. Oh mon dieu que c'est dure... j'ai beaucoup de mal à respirer et ça continue de monter! Enfin apparaissent les maisons de Letdar ou nous nous arrêtons pour manger. A l'approche du village, je commence à ressentir les premiers symptômes du mal d'altitude, un mal de tête assez oppressant m’envahit. Après seulement 4h de marche mais déjà 700 m de dénivelé, nous jouons la prudence et nous ferons l'étape ici. Nous retrouvons avec plaisir la plupart des trekkeurs qui ont démarré avec nous. Effectivement, lors de la séance de prévention sur le mal des montagnes hier, le médecin avait conseillé de ne pas dépasser les 600 m de dénivelé par jour. Nous profitons donc de cette après-midi pour nous reposer (encore!), prendre soin de nous, de ma tête et de regarder le magnifique paysage qui s'offre a nous.


Jour 9 : Letdar (4200m) -Thorung Pedi (4450m). Temps de marche : 3h
Aujourd'hui, vu que que nous n'avons que 3h de marche pour rejoindre notre destination du jour j'ai décidé de proclamer la Grasse Mat'! Seulement voila, mon amoureuse et moi n'en avons pas la même conception.
C'est ainsi qu'a 7h11 un tsunami retourna la chambre!
Arrivés à notre destination à 11h nous nous sommes passablement ennuyés mais l'autre solution consistait à dormir au High Camp à 4800m, mais dormir à cette altitude promet divers désagréments dont nous n'avions vraiment pas besoin pour la journée du lendemain. Perrine a donc feuilleté le guide du Népal de Sarah pendant que je tuais le temps sur mon ipod en me mouchant toutes les deux minutes.... Finalement la journée a fini par passer et nous nous sommes couché tôt car le lendemain c'est debout 3h30 du matin! Et oui le Thorung-La ce mérite!!










Jour 10 : Thorung Pedi (4450m) - Mukinath (3800m) : passage du Thorung-La (5416m). Temps de marche : 8h

Nous n'avons eu aucun mal à nous extirper de nos sacs de couchage bien qu'il fut 3h du mat' et malgré les quatres petits degrés qui régnaient dans la chambre. Nous étions tellement excités, effrayé et impatients par l'épreuve tant attendue du jour que le petit dej fut avalé en un tour de main! Et puis ce fut le départ, il était 4h36, il y avait de la brume et il faisait froid. A la lueur de nos frontales, nous nous sommes lancés dans la terrible ascension milles mètres de dénivelé nous attendent ce jour. La montée commence par des lacets serrés dans la rocaille instable. Une heure d'effort plus tard, nous sommes trois cents mètres plus haut pour assister à un spectacle grandiose à savoir le levé du soleil sur les montagnes environnantes la scène est autant plus irréelle que nous avons dépassé la couverture nuageuse et que les monts alentours se comportent comme une marmite de sorcière géante illuminée par le soleil naissant, surréaliste! Mais pas le temps de s'attarder le chemin nous amène sans ménagement au cap des 5000m ! Inutille de vous dire que gravir 916m de dénivelé positif entre 4500m et 5416m ça ne ce fait pas en sifflotant! Le souffle est court, la respiration laborieuse. Il est peut-être nécessaire de rappeler que l'effort à fournir à cette altitude est de l'orde de 6 fois plus important que celui à fournir en plaine pour un même resultat! Ici, niveau paysage c'est clairement minéral plus une seule pousse de quoi que ce soit mais cette simplicité extreme est vraiment grandiose comme si la nature nous permettait pour un bref moment de fouler un endroit où nous n'avons pas notre place. Nous continuons donc humblement notre route vers le plus haut col du monde et nous l'atteignons vers après 4h20 d'effort! Le vent est d'une puissance phénomenale et le froid glacial et pénétrant même sous ce soleil radieux,bref il faut pas s'éterniser, quelques photos pour prouver qu'on y était et hop on y va. 




Ah! J'oubliais presque, spéciale dédicace à Eric et Fab pour leur idée grandiose, tout le monde m'a bel et bien pris pour un fou à vouloir faire du cerf-volant à 5416M avec des vents de 80 km/h et une température de -20° (relevé gps d'un trekker français) j'ai bien failli perdre un doigt mais ca c'est fait!!







Bon fini la rigolade la suite c'est 1700m de descente en quatres heure autant dire que ca descend sévere! Qu'est ce que l'on aimerait qu'il y ait de la neige et des ski pour nous ! Hé ben non il va falloir tout descendre à pied et autant dire que ce ne fut pas une partie de plaisir mais nous y sommes arrivés après tout ces efforts nous l'avons passé ce col! Et nous fêtons ca avec Or et Sarah autour d'une bonne Everest! Puis encore 200M de déscente pour arriver à notre étape du soir Mukinath.






Jour 11: Mukinath (3800m) - Jomsom (2700m). Temps de marche : 5h -  Ghasa (3h de bus)
Apres notre petit déjeuné habituel (fried egg et chapati bread) on est parti pour notre dernière étape.
Même si on s'y était un peu préparé, le choc de cette vallée a quand même frappé! On se retrouve à errer dans un paysage rappelant les montagnes afghanes (les bombes en moins)... C'est assez étrange de passer d'une végétation luxuriante à un désert montagneux.  Ensuite on descend dans le lit de la rivière où il n'y a plus de rivière mais juste un amas de galets et de sable où le vent souffle avec une telle force que ça rend la dernière heure de marche extrêmement pénible. On affronte sans relâche les éléments et enfin on atteint dans un chaos indescriptible la ville de Jomsom.
Depuis quelques jours j'approche d'une pneumonie à force de respirer de l'air froid et de la terre autant dire que cette journée n'a rien arrangée.





Entre nos nez complètement ravagés, mes poumons détruits, les genoux de Pierre-Yves bien amoches et cette marche venteuse, nous estimons que nous avons rempli notre contrat et décidons de prendre un bus pour rejoindre la dernière ville étape Tatopani et profiter des sources chaudes naturelles qui y prolifère.

Nous voilà ticket de bus en main... Et là commence une expérience qu'il faut avoir vécu au moins une fois dans sa vie:)
Nous montons (plus exactement nous nous ruons) sur un bus à moitié déglingué pour rouler sur des pseudo routes qui ressemblent plus à un amas rocailleux et qui est aussi large que le bus au cm près et tout ça à flan de coteau. J'ai toujours eu un peu peur des routes de montagne et bien c'est de la rigolade par rapport à ça. Et on se fait projeter à gauche, à droite, en haut ... P*****, 3h comme ça!
La nuit est vite tombée, ouf il a des phares qui fonctionnent... Il commence à pleuvoir, re-ouf il a des essuies glace qui fonctionnent .... Merde, notre sac est sur le toit du bus, il va être trempé...
On arrive enfin à  Ghasa et en vie pour y passer la nuit avant de rejoindre Tatopani.

Malheureusement, on vient d'apprendre qu'une gueguerre entre les 2 districts gérants les bus paralyse le réseau... La seule solution : marcher... Noooooon, on ne veut plus marcher;) je crois qu'on a pas trop le choix... Une bonne nuit de sommeil et on verra demain


Jour 11 : ghasa - Tatopani - Beni - Pokhara
Ce matin Pierre-Yves se lève de très mauvaise humeur car un chien a aboyé durant la moitié de la nuit ce qui a empêche mon petit amour de dormir... Et un Pierre-Yves qui a mal dormi vous savez ce que ça donne ;)

Contraint et forcé, on prend la route à pieds crevé et complètement courbaturé.
Et bien, après 4 h de marche, je peux dire que ça a été une des plus belles journées en terme de paysage. On a traversé une végétation haute et verdoyante du genre vietnamien. On a retrouvé une rivière abondante et des cascades en pagaille... Un vrai régal pour les yeux!


Néanmoins on était quand même ravi d'atteindre Tatopani où, apres avoir du un aperçu, de ce que pouvait être le bonheur de se baigner dans les sources chaudes, nous avons pris notre bus pour Beni.

Je vous parlais hier de notre expérience en bus à Jomsom... Et bien vous faite ça fois 2 et debout au milieu du bus car il n'y a plus de place. 2 h de trajet plus tard rebelote, les trajets sont de pire en pire, cette fois 5 h de trajet à être secoué comme un cocktail dans un shaker pour enfin arriver à Pokhara!

Enfin nous retrouvons la "civilisation" : une douche chaude, des vrais toilettes, un vrai lit, internet et une bonne bière ...

8 commentaires:

  1. Quel bonheur de pouvoir enfin vous lire ! Pour moi, pas de champs de "cigarettes de drogue" comme dirait ma mère : juste votre blog ! Je suis une tournentenrond-addict !!!! Le 26 novembre, le bloc se retrouve chez moi pour le souper de fin d'année. Où serez-vous ? N'y aura-t-il pas moyen de vous joindre via Skype ou je ne sais quoi d'autre pour 5 minutes ? Bisous le Amoureux !!! Audrey

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  2. En ce qui nous concerne bonne St. V on pense à vous avec un mélange d admiration, d affection et d envie.

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  3. Chouette d'avoir plein de details sur votre trip marche/altitude/paysages grandioses!;)

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  4. On veut la suite :-)
    Quel plaisir de vous lire !
    Merci de nous faire partager vos magnifiques aventures. Et j'adore le style d'écriture, on croirait y être.
    Gros bisous à vous 2
    Charlotte

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  5. C'est géniale, bon courage.
    La lecture de vos aventures me change de ma chambre d'hotel sous la pluie

    Anne

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  6. Pour ce que j'en ai gouté et pour ce que j'en lis: Putain, ça me manque...

    Malheureusement, Pierre-Yves, si tu veux que je te défie à 6000+ en Bolivie, il va falloir me payer le billet d'avion (tant que vous y êtes, vous pouvez en mettre un pour ma femme aussi: elle te tiendra compagnie, Perrine, pendant que, PY et moi, on respirera fort)

    Allez, bonjour aux Indiens et au plaisir de vous lire!
    JC

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  7. Un truc de dingue ce trec..... Félicitation :) Etttt Perrine tu tues :)

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  8. Waouu... je n'avais pas pris le temps de vous visiter!!
    Genial et emouvant de lire le recit de notre trek et de suivre la suite!!
    Vous enmbrasse fort! Rdv en Belgique ou d'autres contrees!!!
    Sarah

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