21 septembre 2012

Huayna Potosi, premier 6000 !

Après une journée de préparation à La Paz, je me rends au point de rendez-vous où le guide m'attend avec mes deux compagnons de cordée. Nous chargeons les chaussures et les vêtements d'altitude dans nos sacs et nous montons dans un minibus qui nous amena au point de départ.
Après un frugal repas, nous commençons le trek d'approche (avec un sac de 15kg) qui nous amena de 4700m à 5130m, altitude du refuge, où nous nous reposerons quelques heures avant d'entreprendre l’ascension proprement dite. La montée fut rude mais nous l'accomplirent en 1h30.
 

Puis au dodo, bien qu'il ne soit que 13h, car le réveil est fixé à 00h30 pour un départ une heure plus tard, le temps d'avaler un truc et de s'équiper. Dès que le réveil sonna j'ai commencé à enfiler les multiples couches me permettant de supporter les températures polaires qui règnent à cette altitude à cette heure. Puis un bon maté de coca et ce fut parti, piolet en main crampons au pied et encordé. Nous nous sommes lancés à l'assaut du monstre! Les premières montées furent dures car il ne faisait pas si froid que ça et paradoxalement je mourrais de chaud! Le rythme était soutenu, l'air très rare et nous avons du changer la composition de la cordée au rythme des abandons. Puis après une heure le guide nous demande de ne pas nous attarder dans la portion suivante (comme si on traînait!) car c'est un couloir d'avalanche! Bon, même pas peur, on continue et là on commence à longer une corniche de 15cm qui monte super rude et on passe les 5400m (mon précédent record) mais ça continue à monter et pour la première fois, je demande 30 secondes pour respirer...
Puis ça repart de plus belle, le froid devient mordant dès que l'on s’arrête et l'eau gèle dans les bouteilles. On traverse un champs de glace hérissé de stalagmites et il faut être très attentif à chaque pas, la perspective d'une chute avec embrochements multiples ne me tentant pas particulièrement...

Et là on arrive au moment le plus dur, les 100 derniers m d'escalade pour rejoindre l’arrête sommitale et les rochers de cette partie sont TRES instables. Nous en avons eu la preuve car notre guide en a décroché quelques uns qui sont passés assez près de trois pauvres têtes... Mais bon, comme je le disais, même pas peur, on continue et quel bonheur après ces ultimes difficultés d'arriver sur ce sommet!! Aux alentours, on voit le lac Titicaca, la forêt amazonienne et une splendide mer de nuage. Le plus dingue c'est l'image de l'ombre du pic projeté sur des kilomètres... un spectacle unique!

 
Mais bon, ce n'est pas vraiment le meilleur endroit pour s'attarder donc on amorce la descente et j'apprends que je passe en premier étant le dernier de cordée, bon ok, je vais essayer d'oublier mon vertige et vamos! L'affaire commença à se compliquer au niveau des rochers instables car le guide me dit de passer côté neige et je regarde et je vois une pente à 70° de trois cents mètres... Heuuu z'êtes sur m'sieur? Faisant fi de la boule dans mon ventre je me lance et le gars qui me suivait ne veut pas passer par là!!!!! Je dois donc faire demi tour à cause de môsieur! Bref on passe par les rochers et ça se passe bien puis on se met à descendre et à admirer les paysages virginaux noyés dans l'obscurité noire de la nuit ténébreuse...quand nous sommes repassés par le fameux couloir d'avalanche je compris que le guide ne rigolait pas. En effet on pouvait voir d’énormes blocs de glace de plus d'un mètre de diamètre qui s'étaient détachés du glacier pour rouler dans le val où nous passions... Nous avons aussi vu de merveilleuse grottes de glace ou la lumière se décomposait et faisait scintiller la glace de milles feux.


Puis une rapide soupe au refuge et à peine le temps de se changer et il fallait continuer à descendre, avec le gros sac cette fois pour regagner le minibus pour La Paz. Dure descente! Durant le trajet retour nous avons pu voir ce sommet énorme devenir de plus en plus petit se noyant dans les autres montagnes environnantes... Puis, arrivé à la ville j'ai retrouvé mon amoureuse chérie et le confort d'un bon lit douillet...


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2 commentaires:

  1. bravo pour ton defi tout à fait insensé! tu l'as réussi et tu peux être fier de toi, mais si je te demandais d'aller me chercher une pierre sur la lune le ferais tu aussi,sous prétexte que c'est un defi ? tu vas me répondre que si je te paye le voyage ...
    je suis en admiration devant ta condition physique
    je t'embrasse mon fils

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