24 mai 2012

Le Territoire du Nord : de Darwin à Ayers Rock !


Notre arrivée en Australie fut plus mouvementée que prévue car nous avions légèrement sous estimé l'efficacité de leur douane (et oui, après 6 mois en Asie, on oublie un peu les règles). En effet, je pensais que nos provisions de cigarettes à bas prix passeraient inaperçues, mais que nenni ! Nous avons donc eu le bonheur de devoir ouvrir nos sacs au grand complet (ou on avait également oublié de déclarer le coupe-coupe) et de remettre à l'agent des douanes notre provision si précieuse. C'est donc plus léger que nous avons commencé notre marche vers la ville de Darwin! Petite précision : il était alors 4h du matin, la ville est à 12 km de l'aéroport et nos sacs pèsent 24kg!

Bref après cette petite balade de santé fort matinale, nous sommes arrivés dans la "backpackers" la moins chère de la ville (23$ le dortoir de quatre tout de même!). Après une courte sieste d'une heure nous sommes partis à la découverte de cette petite ville tropicale. Nous avons rencontré une française qui consentit à nous vendre un "gas cooker" ce dont nous aurons grandement besoin pour le reste de notre périple. Après cela nous avons voulu profiter de l'internet gratuit de la bibliothèque mais là les gardes n'ont pas trouvé l'idée de pénétrer dans ce bâtiment (qui abrite également le parlement local) avec notre appareil de cuisson!

Le lendemain nous avons récupéré notre titine de location, un superbe pot de yogourt roulant, Hyundai Getz pour les intimes... puis ce fut un petit marathon entre le supermarché et le bureau Medicare et nous voilà sur la fameuse Stuart Highway! Direction le Kakadu National Park! Sur ce trajet nous avons croisé nos premiers "road train" (camions de trois remorques et plus pouvant atteindre les 60m!) et vus nos premiers kangourous (deux vivants et une dizaine de mort dans des états de décomposition plus ou moins avancés!).


Tout se passait donc pour le mieux lorsque quelques kilomètres avant notre lieu de bivouac du jour (Ubir), nous tombons sur une portion de route inondée. Ne faisant confiance ni aux indicateurs de niveau ni aux grandes affiches"danger crocodiles", n'écoutant que mon courage et mon scepticisme, je décide de sonder la rivière moi même armé de mon fidèle coupe-coupe... résultat de l'eau jusqu'au genoux et un risque trop grand de noyer le moteur!! 


Donc nous avons fait demi-tour vers un endroit vraiment charmant, un petit camping jouxtant un étang lui aussi infesté de ces monstres préhistoriques sanguinaires et impitoyable. Mais une fois le soleil couché nous nous sommes rendus compte que c'est d'autres montres beaucoup plus sanguinaires et encore plus impitoyables que nous devions craindre! En effet de véritables nuages de moustiques se sont abattus sur nous et sont allés jusqu'à nous piquer à travers la tente !!!!!! Mais à part ces désagréments l'endroit était vraiment magique, pas âme qui vive à moins de cent km, seul au milieu d'une nature sauvage avec pour décor de magnifiques forets d'eucalyptus et de roches rouges... 


Le lendemain nous sommes repartis pour explorer le canyon de Nourlangie où les premiers habitants de l’île ont laissé des peintures sur les mur de ce canyon.
Après une marche d'une heure à travers ces splendides panoramas que même le plus habile des photographes n'arriverait pas à restituer. 


Nous avons repris la route vers Katherine notre étape de soir. Là, nous avons profité de sources chaudes gratuites pour nous délasser après cette harassante journée, puis nous avons rejoint notre camping situé autour d'un "billabong" (étang) lui aussi hébergeant un de ces charmants crocodiles mais aussi des kangourous courant en liberté autour des tentes et caravanes. 
Le soir avant de manger nous avons eu l'imprudence de laisser traîner notre paquet de pâtes. Quand je reviens à la tente, j'entendis alors le craquement caractéristique du spaghetti cru à l'agonie. En braquant ma lampe pour voir qui était l'auteur de ce forfait, je découvris alors une bande de kangourou au regard pas du tout coupable qui se délectaient tranquillement de notre repas ! Cet imprudence nous permis toutefois de manger la même chose (à de stades de cuisson différent cela s'entend) à quelques pas que ces animaux si emblématique de ce pays.


Le lendemain, notre route nous a mené dans un « ville » de 26 habitants (!!!) comprenant quatre maisons un pub (spéciale dédicace à Gaëlle) et une pompe à essence: bienvenue à Daily Water
Mais vu que ce soir la ville est en effervescence en raison du rodéo l’accueil est organisé par la police locale sous la forme incongrue d'un alcootest !! 
Le champ jouxtant la « ville » est rempli de cow-boys avec le chapeau, la chemise à carreau, le jeans, les bottes, la dégaine et tout et tout ... on se serait cru dans un western spaghetti et on s'attendait à tout moment a voir surgir John Wayne du saloon et nous balancer un de ses « hey stranger » dont il avait le secret... 
Mais au lieu de ça nous avons pu voir les cow-boys du coin s'affronter dans des concours loufoques où l'ingurgitation de saucisses sans les mains et les affonds de bières avaient la part belle avant de passer à la capture des vachettes par des individus passablement éméchés... tout cela sur fond de country, dépaysement assuré!


Le lendemain, ce ruban de bitume interminable nous mena de plus en plus loin au milieu de nulle part. Même les ondes radio AM ont déserté ce coin du monde et on y croise qu'un ou deux 4X4 par heure... seul dans cette immensité sauvage où la broussaille ne se sent pas seule, des paysages de début des temps s'offrent à nous tels qu'ils devaient être il y à 30 ou 40 000 ans...que dire d'autre que grandiose infini de buissons desséchés en fractale d'un paysage sans fin... 



Après quelques heures de route sous un soleil qui fit monter la température de l'habitacle à 49°, nous sommes arrivés dans un autre décor de film d'anticipation post apocalyptique, les Devil's Marbel, qui sont un amoncellement de rochers de granit ocres que l'on dirait sorti de nulle part et qui forment un jeu de billes de géants. 
On va dire qu'il y a pire comme cadre pour passer la nuit ... Après avoir planté la tente nous avons exploré ces formations rocheuses énigmatique et j'ai amèrement regretté de ne pas avoir mes chaussons d'escalade avec moi tant ces rochers offraient des possibilités infinies... 
Après un coucher de soleil splendide et un lever de lune extraordinaire, ce sont les dingos, propriétaires des lieux, qui vinrent ponctuer la nuit de leurs hurlements... en s'approchant fort près de la tente...



Le lendemain, nous avons repris notre route vers Ayers Rock. Après un pause d'une nuit un peu après Alice Spring, cette fois-ci au milieu des émeus, nous nous sommes dirigés vers le Kings Canyon, un endroit splendide et grandiose aussi spectaculaire que vertigineux. Cet ensemble de falaises de pierres ocres est le résultat de milliers d'années d'érosion et offre un spectacle naturel comme il y en à peu dans le monde, vraiment impressionnant.



Puis direction Yulara, petite ville artificielle sortie de nulle part grâce au succès touristique d'Uluru. Aucun intérêt si ce n'est de posséder tout ce que que nous avions besoin: essence, camping super équipé et supermarché et surtout position centrale entre Uluru et le Kata Tjuta. Le lendemain matin nous sommes donc partis avant l'aube pour assister au lever du soleil sur Uluru, un moment vraiment féerique car voir ce rocher sortir peu des ténèbres sombre de la nuit noire pour s'exposer au plein jour est vraiment un moment exaltant et vraiment mystique. Une fois le jour levé nous sommes partis faire le tour de cette cathédrale naturelle, centre de la terre pour les aborigènes. Et là nous avons pu nous rendre compte des milliers de facettes que cache ce gros rochers quand il n'est vu que de loin. 
Des grottes aux petits dessins tracés par l'érosion, aux peintures rupestres et nombreux endroits sacrés non photographiables,  le caillou regorge de richesses infinies insoupçonnées au premier abord. 



Après cette marche de 10 km nous sommes partis à Kata Tjuta qui se constitue d'un ensemble de monolithes rouges eux-même constitués d'une multitude de galets enchâssés dans une gangue sédimentaire ocre, vraiment impressionnant. Après une marche de 7,4 km dans ces gorges que l'on nomme la Vallée de Vents nous n'avions plus le courage d'attendre le coucher du soleil et nous sommes donc repartis pour nous reposer un peu.



Comme toutes bonnes choses, celle-ci eut aussi une fin ... nous rendîmes la voiture et prirent l'avion pour de nouvelles aventures Australiennes.



Pour voir les photos ... cliquez ici

3 commentaires:

  1. Et voilà,comme promis et même avec un jour d'avance!
    Bonne lecture

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  2. merveilleux récit! on a enfin un peu plus de nouvelles et surtout des photos ...
    quelles aventures! vous vivez vraiment dangeureusement mais heureusement il y a le coupe coupe!
    le contexte doit vous avoir changé des derniers paysages de l'indonésie et aussi de la multitude des villes du sud est asiatique!
    que d'impressions differentes chaque jour de votre merveilleux voyage; vos disques durs vont éclater , bugger sous la multitude d'infos que vous avez déjà glannées et de tous ces souvenirs differents. et ce n'est pas fini !!
    allez bon vent pour la suite , et on attend avec impatience les infos et photos
    bisous ++++
    maman pierre yves

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  3. j'aimerais être un kangourou...bondir au lieu de marcher, et piquer la bouffe des campeurs...

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